InFOrmation syndicale

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05 mai 2009

EDF CORDEMAIS EN GRÈVE... JUSQU'À SATISFACTION !


Nous avions fait état des 1300 euros de prime et 5% d'augmentation décrochés de haute lutte par les gaziers des filiales de Suez-GDF.

Extraits de la motion votée le 24 mars par l'assemblée générale des personnels de la centrale EDF de Cordemais :
" (...) Nous subissons des suppressions de postes continuelles et la mise en place d'une sous-traitance au moins disant (...) La solution réside dans la grève interprofessionnelle illimitée jusqu'à satisfaction des revendications (...)comme en Guadeloupe. (...) Nous sommes prêts à engager le combat sans attendre le 1er mai".

De fait l'onde de choc guadeloupéenne, de GDF, s'est propagée à EDF dès la dernière décade d'avril, remettant ainsi en quelque sorte les pendules à l'heure pour le Premier mai.

Le 21 avril, les sections FO et CGT convoquaient à l'embauche du matin une AG du personnel, avec pour ordre du jour : " la situation au sein d'EDF et de GDF, les grèves et actions en cours (...) une majorité de centrales thermiques du pays étant (ndlr : déjà) en grève, avec zéro mégawatt de production".

Les agents de la centrale Thermique EDF de Cordemais (44),
avec la CGT et FORCE OUVRIERE,
sont en grève reconductible depuis le 21 avril,
pour la satisfaction des revendications


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En grève reconductible depuis le 21 avril, à l'appel de la CGT et de FORCE OUVRIERE, nous avons des revendications nationales: 5% d'augmentation du salaire national de base, l'arret des externalisations, une prime de 1500 euros et des revendications locales qui sont des embauches au nombre de 100, l'embauche des salariés de la sous-traitance sous statut EDF, de meilleurs déroulements de carrière pour les agents, la construcion de nouvelles centrales thermiques à flamme.

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Les salariés sont tout à fait déterminés, car, depuis 15 ans, les agents d'EDF et GDF subissent un blocage des salaires, qui a commencé d'ailleurs avec l'ère de Monsieur DELORS en 1983. Et depuis ce temps-là, les augmentations de salaires sont à minima, comme dans la fonction publique. C'est un mouvement profond qui dénote la détermination des grévistes.

5% d'augmentation, 1500 euros de prime, stop à la sous-traitance : ça passe par la grève ...

Quasi spontanément, pour la centaine de participants à l'AG, s'est imposée la nécessité immédiate de décider la grève, de l'organiser, et de lister un cahier très précis de revendications, tant nationales que locales.

Au niveau national :
  • 5% d’augmentation du salaire national de base,
  • 1500 euros de prime sèche,
  • arrêt de la sous-traitance, "retour dans le giron du service public", et embauches pour un bon fonctionnement des installations,
  • obtention pour les agents des centrales à flamme (c'est-à-dire fuel et charbon) d'un quota de "groupes fonctionnels" (ndlr : équivalent des "échelons" de la fonction publique), à l'instar du quota supplémentaire accordé (sous la pression revendicative) par EDF dans les centrales nucléaires,

Au niveau de Cordemais :
  • quantification, service par service, des embauches nécessaires au bon fonctionnement,
  • arrêt de la sous-traitance, embauche statutaire des sous-traitants en permanence sur le site,
  • déblocage des déroulements de carrière,
  • arrêt des pressions hiérarchiques anti-grève sur les agents et à l'encontre des militants syndicalistes.
... Jusqu'à satisfaction des revendications

Dès le début de l'après-midi, après mise en oeuvre des règles de sécurité à respecter, la production des 4 "tranches" de la centrale était à zéro.

A l'heure où nous mettons sous presse (lundi 27 avril), les 4 tranches demeurent à zéro,... comme dans 9 autres centrales d'EDF.

Le Monde en date du 25 avril commente : " Les mouvements (à EDF) viennent après les conflits dans les filiales de GDF-Suez gérant les gazoducs (et) les terminaux méthaniers (...) de Fos-sur-Mer et Montoir-de-Bretagne. Ils n'hésitent pas à mettre en cause la filialisation, en 2008, de l'activité de distribution d'électricité et de gaz, qui a entraîné, selon eux, un recours accru à des prestataires extérieurs."

Et le quotidien de préciser parallèlement : " Le rapport de la commission présidée par Paul Champsaur, publié vendredi 24 avril, propose de développer la concurrence (...) Si la proposition (...) est retenue par le gouvernement et le Parlement, les fournisseurs alternatifs (Poweo, Direct Energie...) pourront obtenir d'EDF (92 % de l'électricité produite) des ressources électriques à des prix leur permettant de concurrencer le groupe public."


Or justement, c'est aussi sur ce terrain particulier que se situe la grève en cours à EDF.

En effet, en parallèle de l'exigence du "retour dans le giron du service public" contre le processus de privatisation/externalisation, les revendications des grévistes portent de fait sur la défense de leur statut national d'agents d'un service public : qu'il s'agisse de l'embauche "statutaire" demandée des personnels sous-traitants, de la revendication d'un quota de "groupes fonctionnels" (équivalents des échelons de la fonction publique, cf. ci-dessus) ou de la revendication salariale de 5% d'augmentation elle-même (qui, en terme "fonction publique" correspondrait à la valeur du point d'indice).

Par delà EDF, cette grève pour la défense du service public et du statut pourrait bien d'ailleurs trouver un prochain relais chez les hospitaliers, en riposte aux "réformes" Bachelot. (voir communiqué ci-dessous des hospitaliers FO nantais).

Sans doute inquiète de la tournure possible des événements (Caterpillar, etc.), Mme Aubry, pour qui les manifs les week-ends et jours fériés sont un pare-feu à la grève interprofessionnelle, vient de déclarer qu'elle ne croit pas à un mois de "mai 2009", (à l'instar de celui de 2008).

Mais l'onde de choc guadeloupéenne pourrait bien être plus forte que "Sarkaubry" : à EDF, après GDF, le mouvement s'est déclenché et structuré par lui-même. Et nos camarades FO de Cordemais disent eux-mêmes que, lorsqu'ils ont proposé de partir en grève, ils n'auraient jamais pensé à une généralisation aussi puissante du mouvement.

Quand ça pousse, ça pousse.
Et de plus en plus fort.
A EDF... comme partout.

Note: Christophe SEY - FO EDF-Cordemais