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24 mai 2011

LES 30 DELOREUSES

9 juin 1982. Bientôt trente ans que le gouvernement de Pierre Mauroy a annoncé le « tournant de la rigueur ». Afin de maintenir le franc dans le « système monétaire européen » Jacques Delors, Ministre de l’Economie et des Finances, imposa un plan qui comportait, entre autres mesures, les privatisations et le blocage des salaires, y compris lorsqu’un accord avait été signé dans les entreprises. Depuis, nous pouvons affirmer, sans exagération, que la situation n’a cessé de s’aggraver pour la classe ouvrière. Pendant cette période le chômage a considérablement augmenté, plongeant dans la misère des centaines de milliers de familles. Privatisations et délocalisations se sont multipliées, tout notre système de protection sociale a été ébranlé dans ses fondements issus du Conseil National de la Résistance, le statut de la fonction publique a été remis en cause dans ses principes qui garantissaient l’indépendance des fonctionnaires vis-à-vis des politiques ; et bien sûr les salaires se sont effondrés, en particulier ceux des fonctionnaires, qui ont vu la valeur de leur point d’indice baisser de 48 % en presque 30 ans.

Alors que certains mitterrandolâtres fêtaient, avec un certain faste, la victoire électorale de François Mitterrand le 10 mai 1981, il nous faut bien constater que toutes ces mesures ont permis la mise en œuvre d’une politique totalement réactionnaire. Que ce soient les gouvernements de gauche ou ceux de droite, tous se sont engouffrés dans ce que Jospin appelait à l’époque la parenthèse de la rigueur. A ce jour, la parenthèse n’est toujours pas refermée.

Après la deuxième guerre mondiale, compte tenu du rapport de force de l’époque, et de la nécessité de reconstruire ce qui avait été détruit, la classe ouvrière, avec ses organisations syndicales, en particulier notre Confédération, a pu arracher de grandes conquêtes.

Cette période, coïncidence, a duré également trente ans : « les Trente Glorieuses ».Aujourd’hui, malgré la résistance marquée par les grandes grèves et manifestations de 1995, 2003 ou plus récemment 2010, nous restons plus que jamais sous la férule de « la dictature des déficits ». Jacques Delors, en sa qualité de militant CFDT, ministre de l’Economie, des Finances et du Budget de 1981 à 1984, puis Président de la Commission européenne de 1985 à 1994, a sans aucun doute pris la place principale dans l’élaboration de cette politique. « Les Trente Deloreuses », 30 ans de douleur et de malheur pour les travailleurs !

Si Jacques Delors mérite bien que l’on donne son nom à cette période funeste, il serait pour autant injuste de l’en tenir pour seul responsable. Ceux, et ils sont nombreux, qui ont participé à des titres divers à la mise au point de ces mesures ou à leurs applications, que ce soit comme membre d’un gouvernement ou d’une institution internationale peuvent aussi être considérés comme responsables.

En 2011, nous voyons bien que cette politique imposée au plan international par le FMI et l’Union européenne se heurte de plus en plus à la résistance de la classe ouvrière et des peuples."Dégage Ben Ali ! ", "dégage Moubarak ! ", c’est avec ces slogans que les peuples tunisien et égyptien ont chassé leurs dictateurs. Dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique, les peuples se soulèvent, car la politique imposée par le FMI est devenue insupportable.

Au Portugal, comme en Grèce, les travailleurs se mobilisent contre les plans de rigueur. « FMI, hors d’ici ! » pouvait-on lire récemment sur les murs d’une usine à Lisbonne.

Dehors ! Dégage ! Oui aujourd’hui, l’heure est à la mobilisation contre la dictature des déficits imposée par le FMI et par l’Union européenne. Il est urgent d’en finir avec 30 ans de delorisme. Le carcan issu du 9 juin 1982 est fait pour nous étouffer à petit feu.

Alors qu’en France s’ouvre la campagne présidentielle, il est vraisemblable que nous subissions quelques « amicales » pressions. Nous devons donc réaffirmer notre totale indépendance. Il serait totalement illusoire que nous puissions espérer combattre cette politique avec ceux qui la mettent en œuvre. Ceci est évident avec les partis politiques ou les candidats à la fonction présidentielle. Mais c’est aussi vrai avec les confédérations syndicales, en particulier la CES, qui continuent à soutenir les plans de rigueur mis en œuvre dans toute l’Europe.

En France, le « pacte de stabilité et de croissance » débouche sur un nouveau tour de vis. Que ce soit contre les suppressions de postes, les fermetures de classes ou sur la question cruciale des salaires, les grèves et manifestations se multiplient. Si ce n’est pas, à ce jour, un déferlement, ça « bouillonne ».

Sur toutes ces questions, toute la classe ouvrière est concernée. C’est ensemble, travailleurs du public et du privé, chômeurs et retraités, que nous devons préparer la mobilisation. Bien sûr, nous soutenons tous les mouvements en cours dès lors que nous partageons les revendications et les moyens d’action mis en œuvre. Mais si nous voulons assumer pleinement nos responsabilités, nous ne pouvons laisser la classe ouvrière à la merci de la démagogie électorale.

Il nous faut prendre une initiative susceptible d’ouvrir une perspective à la classe ouvrière.

Alors que notre Union départementale prépare déjà son grand meeting de rentrée prévu le 13 septembre avec Jean-Claude Mailly, nos instances ont engagé une discussion. Quelles initiatives ? Quand ? Nous prendrons nos responsabilités !
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Edito de Patrick HEBERT, Secrétaire général de l'UD CGT-FO de Loire Atlantique