InFOrmation syndicale

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01 mars 2012

COCHONS DE VOTANTS

Cette fois, c’est parti et bien parti ! La chasse est ouverte ! Il s’agit de capter un maximum de voix, nous sommes entrés de plain-pied dans le grand cirque électoral.

Pour quelques semaines les candidats redécouvrent que la classe ouvrière existe. Le vote des ouvriers, voilà l’enjeu ! Faut dire que malgré les fermetures d'entreprises, malgré les délocalisations, ils sont encore nombreux les bougres ! Alors, les promesses fusent de tous côtés pour attirer ces « cochons d’électeurs ». Avec une complaisance servile, la presse relaie toutes ces déclarations, ces propositions « originales », alors que chacun sait bien qu’elles n’ont aucun avenir.

Bref, on amuse la galerie pendant que les choses sérieuses se passent ailleurs.

Ailleurs, c’est à Bruxelles où ont été signés deux traités, l’un instaurant le MES (Mécanisme Européen de Stabilité), un véritable FME (Fond Monétaire Européen), l'autre étant un nouveau traité européen qui renforce considérablement le traité de Maastricht. (voir p. 6)

Nous saurons cette semaine si le Sénat va adopter le MES déjà voté à l’Assemblée nationale. L’enjeu est considérable, c’est la démocratie qui est en cause.

Il est des moments dans l’Histoire où il vaut mieux ne pas se tromper. Souvenons nous que c’est l’assemblée nationale comprenant la chambre des députés élus en 1936, celle du Front Populaire, qui en 1940 a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. 80 parlementaires (57 députés et 27 sénateurs) avaient osé voter « non ».

Pourtant, beaucoup, parmi ceux qui avaient donné leur voix au Maréchal, n’étaient pas pétainistes et encore moins fascistes. Certains d’entre eux se sont même retrouvés dans la résistance, mais leur vote a contribué à l’instauration du régime corporatiste, à la dissolution des organisations syndicales au profit de la « Charte du travail », et, fusse à leur corps défendant, à toutes les atrocités commises durant l'Occupation, avec l'aide des collabos.

Si « comparaison n’est pas raison », il y a quand même des similitudes inquiétantes entre ces deux périodes, qui devraient faire réfléchir ceux qui sont sincèrement attachés à la démocratie. Nous savons que « les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions », en conséquence, ce sont les faits qui comptent.

Incontestablement, la politique menée par tous les gouvernements au nom de la construction européenne conduit à la catastrophe.

L’Union Européenne devait garantir la paix !

L’Union Européenne devait assurer la croissance et créer des emplois !

Le résultat, nous le connaissons : la crise du système capitaliste réduit des millions de salariés au chômage et à la misère. Et, le moins que l'on puisse dire, compte tenu de ce qui se passe dans le monde, la paix n'est pas garantie.

La ratification du traité instaurant le « MES », et demain peut-être de « Super-Maastricht » , aboutirait à une sorte de dictature de l’Union Européenne inacceptable, donc source d’explosions inévitables.

Ce traité prétend associer les organisations syndicales à la mise en œuvre des politiques décidées par Bruxelles. Il est un fait que tous les régimes autoritaires cherchent, soit à interdire les syndicats, soit à les intégrer pour les utiliser comme courroie de transmission auprès des salariés. Mais cette politique se heurte à la classe ouvrière, qui, au contraire, cherche à préserver ses organisations et leur indépendance.

En Tunisie, le processus révolutionnaire s’est développé en grande partie en s’appuyant sur l’UGTT. En Europe, que ce soit en Grèce, en Espagne ou au Portugal, les gouvernements ont tenté, parfois avec succès, de compromettre les dirigeants syndicaux dans la mise en œuvre des politiques de rigueur imposées par la Troïka. Partout, à chaque fois, et malgré la signature de « pactes sociaux », les organisations syndicales, poussées par la situation et peut-être pour ne pas être débordées, ont appelé à des grèves et des manifestations. Certes pour l’instant ces actions sont restées circonscrites dans le cadre de « journées », mais pour combien de temps ?

En France, nous savons bien qu’après les élections présidentielles et législatives, le futur gouvernement cherchera à imposer un nouveau plan de rigueur. Conformément aux oukases de la Troïka, il tentera notamment de remettre en cause notre protection sociale et son financement, que ce soit via la TVA « sociale » ou par la fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu.

Alors, nous irons incontestablement vers le conflit. La classe ouvrière française n’acceptera pas.

Dans l’immédiat, notre Confédération, en disant NON à la « règle d’or », c'est-à-dire NON au MES et à Super-Maastricht, préserve son indépendance, et donc se prépare pour prendre toutes ses responsabilités.