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01 mars 2012

QUAND LA CGT DES PAYS-DE-LA-LOIRE DEBORDE JUSQU'A LA CFDT ...DANS L'ENGOUEMENT CORPORATISTE

Précédemment, nous avions fait état de la soumission, pour avis, au Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), lors de sa session du 23 janvier 2012, d'une "Charte régionale en faveur de la démocratie sociale". [lire : LE PLAN D'AUSTERITE VOTE AU CONSEIL ECONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL DES PAYS DE LA LOIRE ]
"Charte" dont les représentants FO au CESE ne manquèrent pas de faire le procès en précisant d'avance que FO n'en serait pas signataire.
Il faut dire, comme nous le soulignions, que cette "Charte" est un joli condensé de corporatisme sorti tout droit de la subsidiarité de "l'Europe des Régions".

Extrait : " Construire une stratégie régionale partagée (...) dans un contexte de montée en puissance des régions (...) dépassant le cadre privilégié du Code du travail et des compétences légales des régions (...) s'engager à travailler ensemble au service d'objectifs partagés sous le pilotage de la Région (...)"
Après recueil de "l'avis" du CESE le 23 janvier, la "Charte" des "subsidiaires nous voilà" a été soumise 3 jours plus tard, le 26 janvier, au vote du Conseil régional, qui, en ces temps de gouvernance participative, n'a pas manqué de la voter.

Dès lors restait à accomplir la grande cérémonie de l'apposition des signatures des organisations syndicales patronales et de salariés. Le jour solennel fut fixé au jeudi 9 février.

Toutes les organisations patronales vinrent tenir le stylo, le MEDEF en particulier. Logique: le MEDEF n'a plus l'attachement du CNPF à la pratique contractuelle, et Madame Parisot compte au nombre des militants notoires de la "démocratie participative". C'est même à ce titre qu'elle a justifié les "accords majoritaires" d'entreprise et la "Position commune" MEDEF-CGT-CFDT (et autres) de 2008.

Côté syndicats de salariés, hormis FO (Solidaires, non membre de CESE, n'était pas convié. Qu'aurait-il fait si tel eût été le cas ?), le même empressement à "dépasser le cadre privilégié du Code du travail (...) au service d'objectifs partagés".

La présence ou l'absence de deux organisations syndicales étaient guettées : la CGT et la FSU, plus que gênées aux entournures, car n'ignorant que bon nombre de leurs militants partagent sur la question la position de Force Ouvrière, selon laquelle on ne peut, sauf à basculer dans un régime corporatiste, être à la fois gouverneur et gouverné.

Mais au pied du mur, il a fallu choisir son camp ; et ceux qui, dans la FSU comme la CGT s'inscrivent, pour reprendre les termes de la "Charte", "dans le dépassement de la seule concertation (...) pour viser à la production de mesures concrètes engagent les différentes parties" ont imposé le grand saut régional corporatiste.

Signe des temps : si l'on se réfère aux propos rapportés par la presse lors de cette cérémonie de signatures, c'est la CGT qui a remporté le trophée du zèle subsidiaire. Son porte-parole, Christian Dubot, s'est en effet lancé dans un éloge dithyrambique de la "nouvelle dimension du dialogue social ayant pour objectif une co-construction qui aboutisse à du palpable". Ouest-France, qui rapporte cette citation, ne précise pas si le représentant de la CFDT, qui paraît lui avoir tenu des propos plus lénifiants, n'en a pas perdu son latin au vu du kidnapping néo-cégétiste du vieux fonds de commerce CFDT hérité des encycliques.