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09 juillet 2012

FO ÉNERGIE ET MINES EN CONGRÈS FÉDÉRAL À NANTES

Le quatrième congrès de la Fédération FO Energie et Mines s'est tenu au Palais des congrès de Nantes du 18 au 21 juin.
Il a réuni quelque 550 délégués, et a été marqué par la succession au secrétariat général de Vincent Hernandez à Max Royer, pour qui l'heure de la retraite a sonné.

Outre le renouvellement des instances fédérales, le congrès a aussi et surtout été l'occasion d'affirmer et d'affiner les positions des énergéticiens FO face à la politique de déréglementation et "d'ouverture à la concurrence" menée tambour battant par l'Union européenne au profit des opérateurs privés, politique qui, parce que tout est lié, se traduit par des remises en cause directes ou a minima de lourdes menaces sur :
  • les statuts, conditions de travail et acquis sociaux des agents,
  • le service public républicain : l'ouverture à la concurrence ne peut en effet qu'être synonyme d'explosion des factures de gaz et d'électricité acquittées par les consommateurs,
  • la sécurité même des sites de production : le recours, qui se généralise, aux sous-traitants s'accompagnant trop souvent de l'intervention sur les équipements de salariés insuffisamment formés aux règles de sécurité.

En conséquence, pour FO Energie et Mines, il est indispensable que l'Etat demeure l'unique garant et pilote de la filière nucléaire. Par delà le nucléaire, le congrès a d'ailleurs rappelé que la concurrence ne devrait pas avoir sa place dans l'électricité et le gaz, car elle est contraire à l'intérêt national et à l'optimum collectif.

La position de la fédération recoupe au demeurant totalement celle de la confédération. Le discours prononcé devant les délégués par Jean-Claude Mailly, la veille de la clôture du congrès, en fut l'illustration. Le secrétaire général de la CGT-Force Ouvrière ne manqua pas d'ailleurs de rappeler que le retour à un rôle plus stratégique de l'Etat ne s'impose pas qu'en matière de services publics, mais qu'il est aussi devenu aujourd'hui le rempart majeur à la désindustrialisation, et que cela passe au besoin par la participation de la puissance publique au capital de certaines grandes entreprises jouant un rôle majeur dans l'activité économique et l'indépendance industrielle du pays. Ainsi, rappela-t-il, STX pour la navale.

Le procès fait par la fédération aux traités européens et aux diktats de l'UE en matière de libéralisation du marché énergétique recoupe de même celui fait par la confédération auxdits traités, notamment depuis Maastricht. Et Jean-Claude Mailly de rappeler, sous les applaudissements, tout l'enjeu de la décision de la confédération d'appeler à voter NON dans l'éventualité d'un référendum sur le Traité de stabilité, de coordination et de gouvernance, le seul précédent historique étant l'appel de FO à faire triompher le NON au référendum de 1969.

A l'issue de son congrès de Nantes, avec des instances fédérales renouvelées, des analyses et des revendications qui ne peuvent que renforcer les militants dans leurs convictions et leur détermination, FO Energie et Mines va maintenant pouvoir continuer à déployer ses efforts de consolidation du syndicalisme indépendant dans un secteur économique qui compte environ 150 000 salariés, et où la CGT, après avoir perdu la situation quasi hégémonique qui était la sienne au lendemain de la scission de 1947-48, est passée aux élections de novembre 2010, pour la première fois depuis plus de soixante ans, en dessous (46,23% dans l'ensemble de la branche des industries électriques et gazières) du seuil de la majorité absolue des suffrages exprimés.

Interview de Vincent Hernandez, nouveau secrétaire général de FO Energie et Mines
- L'Ouest Syndicaliste : Les premières impressions et intentions du tout nouveau secrétaire général, à l'issue de ce congrès où tu as pris la succession de Max Royer ?
- Vincent Hernandez : Ce fut un congrès, qui, à tous points de vue, s'est très bien passé. 550 délégués, électriciens, gaziers, hydrauliciens et mineurs y ont participé, assidus. Ils ont fait le bilan de l'action syndicale depuis le précédent congrès, et déterminé tant les revendications que nous allons porter au cours des prochaines années que les positions que nous souhaitons faire entendre dans le débat général ouvert en France sur les choix énergétiques.
Nous comptons actuellement 10 000 adhérents "actifs" et retraités. Mon objectif, c'est d'aller bien au-delà de cette barre des 10 000 d'ici le prochain congrès, par un travail militant sur le terrain, en nous renforçant bien sûr là où nos bases syndicales sont bien assises, et c'est le cas dans votre département, mais également et surtout là où FO n'est pas encore parvenue à s'ancrer suffisamment dans le "paysage syndical".
Somme toute, c'est une nationalisation / homogénisation de notre géographie militante qu'il nous faut viser et réussir. J'y consacrerai mon énergie.
- L'OS : Ce qui a fait le succès de FO aux élections du 20 octobre dernier dans la fonction publique d'Etat, où, en quelques années, elle est passée de la troisième place à la première, c'est la force de sa différence, à savoir la force de son indépendance, en appelant à l'arrêt de la RGPP et en mobilisant pour le service public républicain et l'accès égalitaire de tous les citoyens au service public.
On trouve là un très fort parallélisme avec les analyses et revendications très "républicaines" de ta fédération pour la défense d'un authentique service public de l'énergie.
V. Hernandez : L'énergie est un bien vital pour tous les citoyens. Il se trouve qu'aujourd'hui en France 4 millions de personnes vivent dans la précarité énergétique.
Or toutes les expériences passées et récentes le prouvent : il n'est pas un seul pays où la privatisation du gaz et/ou de l'électricité n'ait engendré, en même temps que la casse du service public, la flambée des prix de l'énergie.
Voilà pourquoi FO Energie et Mines milite pour le maintien du monopole des distributeurs historiques (EDF, GDF-Suez et les quelques autres non nationalisés existants), car là est la garantie fondamentale de la pérennisation de la péréquation tarifaire et de l'égalité des citoyens.
Nous nous opposons donc tant aux projets de Bruxelles d'établir une nouvelle directive mettant fin à ce monopole, qu'aux prétentions de certaines collectivités territoriales d'ouvrir à la concurrence la concession de la distribution locale d'électricité.
En application de la première directive européenne sur l'ouverture du marché de l'électricité et du gaz à la concurrence datant de 1996, plusieurs lois de déréglementation sont intervenues, la première en 2000 à l'initiative d'un gouvernement de gauche, les suivantes à l'initiative de gouvernements de droite. Celle du 7 décembre 2010 portant "nouvelle organisation du marché de l'électricité" (loi NOME) pousse jusqu'à la caricature la politique d'ouverture du marché électrique : elle impose à EDF de céder 25% de sa production nucléaire à ses propres concurrents. Solution radicale pour mettre ces derniers en situation de disputer des parts du marché à l'opérateur historique !
- L'OS : Les grands groupes multinationaux ont maintenant un nouveau terrain de chasse: les concessions hydrauélectriques.
V. Hernandez : Oui, suite à la loi du 30 décembre 2006, 20% des concessions hydrauélectriques aujourd'hui attribuées à EDF vont être soumises d'ici 2015 à renouvellement, avec appels d'offre à la concurrence. Powéo, Direct Energie, l'italien Enel, le norvégien Statkraft, entre autres, sont sur les rangs. Et GDF-Suez aussi ! Belle illustration des conséquences de la mise en concurrence au forceps d'EDF et GDF !
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L'Ouest Syndicaliste : http://www.fo44.org/p/louest-syndicaliste.html