InFOrmation syndicale

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19 juin 2013

LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS DEMANDE UN NOUVEAU PLAN DE RELANCE EUROPÉEN


Les études de l’OIT le montrent, c’est en Europe que le risque de déstabilisation sociale est le plus élevé, a rappelé la Secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol.


Dans un contexte marqué par la baisse des salaires et des prix, cette fameuse déflation qui compromet toute chance de reprise économique en Europe, la CES (Confédération européenne des syndicats) a profité de sa conférence de mi-mandat à Dublin, les 5 et 6 juin, pour appeler à un nouveau plan de relance européen «privilégiant la création d’emplois et la promotion du modèle social européen». Ce plan, fondé sur le développement des investissements, devra représenter 1% à 2% du PIB européen, a déclaré Bernadette Ségol, Secrétaire générale de la CES, et une proposition précise et détaillée sera faite au comité exécutif d’octobre prochain. Le projet élaboré par la confédération syndicale allemande DGB en janvier dernier d’un «plan Marshall de relance, de développement et de modernisation» de l’Europe devrait inspirer la CES, a également indiqué Bernadette Ségol.

«LA SITUATION N’EST PAS TENABLE»

L’Union européenne compte aujourd’hui 26,5 millions de chômeurs (dont six millions de jeunes), soit 12,2% des actifs contre 7% en 2007 et 10% en 2011. Le taux de chômage des jeunes atteint 62% en Grèce, 52% en Espagne et 40% en Italie et au Portugal. Les inégalités ont plus augmenté en trois ans, de 2007 à 2010, que pendant les douze années précédentes. En Espagne, les revenus des 10% les plus pauvres ont diminué de plus de 15%...

«Cette situation n’est pas tenable», a souligné la Secrétaire générale, rappelant que les études de l’OIT (Organisation internationale du travail) montrent que c’est en Europe que le risque de déstabilisation sociale est le plus élevé. Lors de son comité exécutif du 23 avril dernier, la CES avait déjà jugé la feuille de route du Conseil européen pour une dimension sociale de l’union économique et monétaire «trop restrictive», et exigé qu’il soit mis fin aux coupes dans les dépenses publiques, la protection sociale et les salaires. Elle avait également réitéré son exigence d’un protocole de progrès social, ce qui conduit à réviser les traités.

Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait choisi d’intituler cette conférence de mi-mandat « Europe sociale, l’heure de vérité». David Begg, Secrétaire général de la centrale syndicale irlandaise qui accueillait la conférence, a alerté: «Le soutien à l’Europe s’amenuise dans tous nos pays... Les travailleurs finiront par se mobiliser contre les conditions d’oppression. La CES doit faire valoir et entendre sa voix plus que jamais. Il nous faut construire une économie de marché sociale pour faire contrepoids aux politiques menées jusqu’ici.»

À la veille de l’ouverture de la conférence, Bernadette Ségol et David Blegg avaient donné le ton à l’occasion d’une conférence de presse, en déclarant notamment: «La rhétorique creuse des dirigeants européens soutenant qu’il faut voir au-delà de l’austérité et stimuler une croissance et des emplois nouveaux ne convaincra pas les citoyens tant que les politiques réelles continuent à promouvoir des réformes structurelles qui affaiblissent la dimension sociale de notre économie.» Et de lancer un avertissement: «Nous restons convaincus du potentiel de l’Union européenne […] mais un changement de cap et un plan majeur d’investissement sont nécessaires pour rétablir une croissance durable […]. Sans un tel changement, le soutien de la CES ne peut être considéré comme acquis.»
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Article paru dans FO Hebdo 3079