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09 octobre 2014

STX et la SNCM strangulés par l'étau euro-atlantiste

Avant qu'il ne devînt Premier ministre, le député-maire de Nantes était au nombre des élus locaux publiquement acquis à l'actionnariat d'Etat majoritaire dans STX.
Mais une fois à Matignon, il changea -et ne pouvait d'ailleurs que changer- son fusil d'épaule : la feuille de route merko-hollandienne (TSCG et autres) cadrant la politique industrielle française, la montée de l'Etat dans le capital des entreprises, y compris celles vitales pour notre indépendance nationale, n'était pas euro-compatible. Cela valait pour STX comme pour Florange.

On assista alors de la part du gouvernement à une politique non dénuée de paradoxe pour éviter le naufrage de la navale tout en se privant de l'atout qu'eût constitué l'actionnariat majoritaire d'Etat : c'est l'Etat, actionnaire minoritaire, qui se substitua à l'actionnaire majoritaire passif pour garnir le carnet de commandes de STX, usant pour ce faire de ses influences économiques, politiques et diplomatiques sur la scène internationale.
Il y parvint d'ailleurs in extremis fin 2012 début 2013, regonflant spectaculairement le carnet de commandes et le plan de charge du chantier, lequel retrouva du coup de substantielles perspectives industrielles/commerciales : des BPC militaires pour la Russie aux paquebots géants pour Royal Caribbean, en passant par les ferries méditerranéens de la SNCM.

Promotion de l'outil industriel et aliénation de la souveraineté sont antagoniques
Mais force est de constater, seulement 7 ou 8 mois après l'amorce de l'embellie, que cette politique industrielle de l'Etat consistant à jouer de ses atouts politico-économiques européens pour décrocher (à la place de l'actionnaire majoritaire) des marchés pour la navale nazairienne, touche aujourd'hui à ses limites et à ses contradictions. Et ce pas uniquement du fait que l'actuel Premier ministre ne se trouve pas exposé, comme l'était son prédécesseur, aux chocs en retour politiques locaux de la température sociale nazairienne.
En effet -et c'est un point sur lequel FO n'a eu de cesse d'alerter- l'actionnaire majoritaire coréen est aujourd'hui plus que jamais décidé à brader son chantier nazairien au repreneur le plus offrant, quitte à ce que ce dernier soit un concurrent visant la mise en sommeil du chantier de Penhöet et son pillage technologique. Or, signe des temps d'euro(au)stérité": venue réitérer auprès du sénateur socialiste nazairien Vaugrenard sa revendication de nationalisation de STX et a minima de prise majoritaire par l'Etat du capital de l'entreprise, une délégation de l'UD-FO et de notre section de STX s'est vue objecter que, bien qu'intéressante industriellement, cette solution ne saurait aujourd'hui qu'être éliminée d'office, ... car contraire aux priorités euro-budgétaires de l'heure de compression des dépenses et investissements publics. TSCG, "règle d'or", "Pacte de responsabilité", etc. priment donc ainsi sur l'outil économique, l'indépendance nationale fût-elle en jeu.
Le volet comptable-budgétaire des engagements du gouvernement français vis-à-vis de ses "partenaires" (tuteurs) n'est hélas aujourd'hui pas le seul qui plombe la sauvegarde de l'outil de production et de l'emploi. Les implications scélérates de la règle de la "concurrence libre et non faussée" des traités européens, et la guerre déclarée par l'UE et les gouvernements subsidiaires aux services publics pour les disloquer/privatiser, ont aussi des effets dévastateurs. Ainsi, l'UE, en condamnant la SNCM à reverser à l'Etat 200 millions d'aides prétendues "indues", obère la capacité de celle-ci à financer sa commande à St-Nazaire (vitale tant pour elle-même que pour STX) de 4 ferries nouvelle génération. Et, cerise internationale sur le gâteau, la livraison prévue à la Russie des Mistral construits à STX est la victime "colatérale" de l'enrôlement béat du sous-lieutenant Hollande dans l'US Army.

Nationaliser STX, faire échec au Pacte de responsabilité et à la soumission industrielle aux diktats de Bruxelles et Washington: peu ou prou, tout est désormais lié. Et, avec la "force de l'indépendance", il revient à nos camarades de STX comme à notre confédération, d'être le pivot de la résistance à l'euro-désertification économique-industrielle.

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