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20 avril 2021

Grève des Accompagnants d'élèves en situation de handicap [INTERVIEW]

AESH - Grève du 8 avril pour un vrai statut, un vrai salaire, abandon des PIAL (pôles inclusifs d'accompagnement localisés).


INTERVIEW: Murielle Charrier et Aline Rochard Charpentier, adhérentes FO


Vous avez décidé de rejoindre le syndicat FO et participer au rassemblement ce jeudi 8 avril devant l’Inspection académique à Nantes. Quelles sont vos motivations ?

Aline Rochard Charpentier – En tant qu’AESH, notre mission est donc d’accompagner les  élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires. Je fais ça depuis bientôt neuf ans. Et depuis neuf ans, rien n’a changé. Il y a même une diminution des moyens avec la mutualisation.

Murielle Charrier – On ne prend pas le bien-être de l’enfant en compte. Indépendamment de l’accueil dont nous bénéficions dans les écoles ou établissements, qui est très positif pour ce qui nous concerne, nous sommes venues aujourd’hui parce que nous en avons assez d’être sous-payées : nos traitements de base sont bien souvent inférieurs au SMIC ! Nos conditions de travail sont misérables.

Aline Rochard Charpentier – Pour ma part, je ne comprends pas que l’on nous impose le cadre des 1 607 heures annualisées pour un temps plein, alors que l’amplitude horaire de prise en charge des élèves dans une école est inférieure à cela. On nous impose des contrats de 24 heures hebdomadaires, c’est-à-dire des temps partiels de 62 %, rémunérés en conséquence…  Nombre de collègues doivent cumuler avec un autre travail. C’est absolument anormal.


L’administration a mis en place des pôles inclusifs d’accompagnement localisé (PIAL), qui est une logique de mutualisation de moyens, donc de gestion de la pénurie. C’est la raison pour laquelle FO en demande l’abandon des PIAL. Comment cela se passe-t-il concrètement sur le terrain?

Aline Rochard Charpentier – Les PIAL ne sont pas conçus pour le bien-être des enfants. Les collègues sont amenées à accompagner 4 à 5 enfants à la fois. Ou alors, un même élève est suivi par plusieurs AESH, ce qui ne va pas non plus dans le bon sens. C’est même une aberration pour les élèves atteints de trouble autistique. Par ailleurs, au sein d’un PIAL, les collègues travaillent dans plusieurs établissements, parfois sur un secteur assez grand. Leurs frais de transport ne sont pas nécessairement pris en charge. Les collègues mangent sur le temps de déplacement. Parfois, on demande à une AESH d’accompagner un élève dans un autre établissement ou dans une autre école, alors qu’il y a des besoins sur son premier lieu de travail. C’est incohérent.

Murielle Charrier – Pour l’instant, nous ne sommes pas en PIAL, mais ça nous est annoncé pour le mois de septembre. Nous sommes donc très inquiètes, d’autant que nous ne disposons d’aucune information précise.


Comment vous sentez-vous considérées par ce gouvernement?

Aline Rochard Charpentier – Les moyens ne sont pas mis en place, ni pour nous, ni pour une réelle prise en charge du handicap de nos élèves. Certes je suis désormais en CDI, mais nous ne disposons pas d’un vrai statut, ni d’une vraie progression de carrière. Obtenir une formation est un vrai parcours du combattant. Et force est de constater que rien n’est prévu en termes de remplacements. Ainsi, si je tombe malade une semaine, un élève que j’accompagne est déscolarisé toute la semaine. 


Combien d'enfants scolarisés sont par ailleurs en attente de places dans des structures spécialisées faute de moyens ?

Murielle Charrier – C’est la précarité qui domine, y compris pour les collègues en CDI : nos salaires sont misérables. Nous sommes en temps partiel. Et nous ne voyons pas venir de réelle amélioration. Mais cette déconsidération, ce n’est pas seulement pour nous. C’est également pour les élèves que nous accompagnons. Il est donc également important que nous puissions obtenir le soutien des parents : l’action syndicale pourra sans doute y contribuer.