InFOrmation syndicale

3 OCTOBRE SALLE FESTIVE NANTES NORD COMMISSION ADMINISTRATIVE ÉLARGIE SOUS LA PRÉSIDENCE DE FRÉDÉRIC SOUILLOT SECRÉTAIRE GÉNÉRAL FO -- 10 AU 14 OCTOBRE STAGE "DÉCOUVERTE FO ET MOYEN D'ACTION DU SYNDICAT" -- 18 AU 20 OCTOBRE STAGE "FONCTIONNEMENT ET OUTILS DU SYNDICAT" -- 8 AU 10 NOVEMBRE STAGE "TRAVAIL ET HANDICAP" -- 21 AU 25 NOVEMBRE STAGE "COMITÉ SOCIAL ET ÉCONOMIQUE" -- 6 AU 8 DÉCEMBRE STAGE "CONNAÎTRE SES DROITS" -- 12 AU 16 DÉCEMBRE STAGE "DÉCOUVERTE FO ET MOYEN D'ACTION DU SYNDICAT" -- ...

22 septembre 2022

Conseil national de la refondation : le grand flop

Contribution de Jacques Moisan

Après avoir été contraint en juillet de reporter sine die la réunion de lancement de son Conseil National de la Refondation, visant à associer l'ensemble des "partenaires sociaux" à sa politique de casse systématique des conquêtes sociales issues de la Libération, Emmanuel Macron ne pouvait acter une seconde fois l'échec de son entreprise. Qu'importe le nombre de convives qui déclinaient l'invitation, la cérémonie se devait d'avoir lieu. Et elle a donc eu lieu, à quelques-uns réunis en huis clos sous la présidence de François Bayrou. Fidèle à son histoire et à ses principes d'indépendance, la confédération générale du travail - Force Ouvrière a refusé de marcher dans la combine. 

Votre site et L'Ouest syndicaliste publient le courrier adressé par notre camarade Frédéric Souillot, secrétaire général de la CGT-FO, au président de la République. L'heure n'est pas au "diagnostic partagé" avec le gouvernement, mais à l'affirmation de nos revendications, notamment sur les salaires et les retraites.


ARGUMENTS
De 1969 à 2022 …
On l’espérait, on s’y attendait … Le soi-disant Conseil national de la refondation a été un bide. Le dernier carré des fidèles (quarante personnes dont dix ministres, priées de laisser leur portable à l’entrée) ont entendu le président « par effraction » en appeler au « consensus »… derrière lui.

La séance inaugurale a eu lieu à huis clos, à la demande de la CFDT qui voulait « travailler » sereinement. à huis clos, comme un Conseil de défense … un peu élargi. Il semble qu’au menu, il y aurait la poursuite et la fin des « réformes de l’école et de l’hôpital ». On sait ce que cela signifie.

Le chef du MEDEF a peut-être formulé des propositions. On ne saura pas : secret défense !

Se voulant le meilleur représentant des « corps intermédiaires », Laurent Berger avait courageusement (ou inconsidérément ?) répondu présent ! « Il faut tenter le coup » de la participation  au CNR … (Déclaration à France-Info le 5 septembre). Les partisans du  pacte pour le pouvoir de vivre étaient représentés par la Fondation Abbé Pierre qui aurait voulu « embarquer tout le monde » dans cette galère. Pschitt !

À l’inverse, notre Confédération a eu raison de rappeler dans son communiqué  suite à la CE du 1er septembre, son refus d’être un subsidiaire de l’état macroniste. À la suite, la CGT a décidé elle aussi de ne pas participer, décision adoptée par la CE de la CGT le mardi 6 septembre,

Pour les deux confédérations, CGT-FO et CGT, comme en 1969, c’est NON. Il ne reste dans la hotte du président-chef de guerre que les « corps intermédiaires »… c’est peu.   



BREF RETOUR SUR LE PASSÉ
Le corporatisme à froid, c'est difficile !
Le corporatisme mussolinien ne s’était imposé qu’après une défaite du mouvement ouvrier. Même chose au Portugal de Salazar, en Espagne de Franco (1), en Autriche de Dolfuss,  dans la Hongrie de Horthy (2), dans la Grèce de Métaxas (3).

(1) De Gaulle se console en marchant sur les plages d’Irlande et rumine de sombres pensées – les peuples sont injustes et ingrats -  avant de rendre une ultime visite très politique au général Franco qu’il admire.

(2) Après la fin de la première « der des ders », Horthy instaure un régime dictatorial en Hongrie basé sur la doctrine d’association capital-travail. Il avait écrasé brutalement l’éphémère république des Conseils de Hongrie. La « France » l’avait aidé en envoyant des troupes, d’avril à août 1919, aux côtés de troupes roumaines, tchécoslovaques et serbes. Officiellement, c’était la paix. En fait, c’était la guerre des classes.

(3) Le général Métaxas fait un coup d’état en 1936. Sa doctrine « du sang et des larmes … » se rapproche du régime fascisant de Salazar au Portugal. Il fait emprisonner des milliers de militants ouvriers ; 15 000 selon certains spécialistes de la question. Le jour de sa mort en 1941, le très grand démocrate et chef de guerre, Anthony Eden (le n° 2 britannique, après Churchill), déclare : « 29 janvier. Lourde Journée. Métaxas est mort. Coup dur. Un petit pays comme la Grèce ne peut pas produire deux hommes de ce calibre dans la même génération et le champ politique est clairsemé ». (Sources : Eden : « mémoires », page 193).

Une fois de plus, on ne peut que constater les « porosités » entre certains « démocrates » et les autoritaires-dictateurs qui appliquent la doctrine sociale de l’église catholique jusqu’au bout. (En Grèce, avec la collaboration active de l’église orthodoxe).

Mais nous ne sommes pas en 1930. Comme le démontre notre détermination à obtenir partout des augmentations générales de salaires, notre confédération est debout et combat.



(Lire ou relire : http://force-ouvriere44.fr/mars-1969/ - http://force-ouvriere44.fr/dans-les-pas-du-marechal-et-du-general/ et : « A. Hébert, l’homme qui dit NON » (par Bernard Hazo, publié par l’UD FO 44 ainsi que « Corporatismes d’hier et d’aujourd’hui », de la page 205 à 214, publié par l’UD FO 44).


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- Courrier adressé par Frédéric Souillot, secrétaire général de la CGT-FO, au président de la République le 6 septembre 2022 -