InFOrmation syndicale

- Jeudi 28 septembre 2017 : mobilisation des retraités et retraitées
- La prochaine Commission Administrative élargie se tiendra le lundi 2 octobre à St Géréon. +d'inFO...

16 janvier 2010

NON! A UNE JUSTICE AU RABAIS


" L'UD CGT voudrait-elle réparer l'affront fait à Chérèque, indésirable au congrès confédéral de la Beaujoire ? "

Interwiev de Robert Carcouët, par l'Ouest Syndicaliste, chargé du suivi des affaires prud'homales à l'UD FO 44 :


L'Ouest Syndicaliste: Aux prud'hommes de Nantes, CGT et CFDT viennent de nous jouer la comédie du vrai-faux "divorcement" s'achevant par un joli cadeau de réconciliation offert par la CGT à la CFDT.

Peux-tu nous expliquer les épisodes à rebondissements du feuilleton amoureux ?

Robert Carcouët : Jusqu'aux années 2005/2007 on sentait une relative résistance de la direction de l'UD CGT 44 à ce que l'on pourrait appeler pour faire bref "la ligne Thibault".

Au niveau du conseil des prud'hommes de Nantes, cela se traduisit, suite aux élections prud'homales de 1997, par un accord FO-CGT-UNSA-CFTC, excluant la CFDT, pour la répartition des présidences et vice-présidences de section ainsi que des présidences d'audience. Au renouvellement prud'homal de 2002 l'accord fut reconduit sans difficulté.

Mais à l'issue des dernières élections prud'homales de décembre 2008, voilà que l'UD CGT change son fusil d'épaule. Elle met FO, la CFTC et l'UNSA devant le fait accompli d'un accord bouclé avec la CFDT pour la répartition des présidences et vice-présidences.

La signature, quelques mois auparavant, de la "Position Commune", gravée dans le marbre de la loi par Sarkozy, n'est sans doute pas pour rien dans ce revirement. Dont la principale conséquence sera la courte-échelle faite à la CFDT pour l'accès à la présidence (alternative, une année sur deux avec le MEDEF) du Conseil de prud'hommes de Nantes.

A noter que la CGT de Saint-Nazaire, refusant de suivre l'accord 44 GCT-CFDT, maintint au contraire son accord prud'homal local avec FO.

A Nantes, le désamour a assez vite surgi dans le couple CGT-CFDT. A tel point que le 2 décembre dernier, le tandem convoque les autres syndicats à une intersyndicale pour jouer les arbitres d'un divorce... Dont la CGT demande la prononciation aux torts exclusifs de celui à qui elle a offert la présidence du conseil. Elle exige même une destitution intersyndicale de celui qu'elle a fait roi.

O.S. : Les griefs CGT ?

R. Carcouët : Le zèle de l'intéressé à faire appliquer à la baguette le décret Rachida Dati du 16 juin 2008 limitant le temps d'examen d'un dossier par les conseillers prud'homaux à 3 heures, plus 2 éventuelles à l'appréciation du président d'audience. Ce décret a provoqué une levée de boucliers partout en France, car, en moyenne, il faut à peu près le double de temps pour mener à bien l'étude d'un dossier.

En conséquence, avec ce décret, si les conseillers dépassent leur quota d'heures, ils ne sont plus indemnisés de leurs heures d'études "excédentaires", leur employeur ne rémunérant bien sûr pas ce temps passé hors de l'entreprise.

Le très subsidiaire président du conseil nantais, c'est normal pour un CFDT, a donc pris sa férule pour taper sur les doigts de tous les conseillers cherchant à contourner le décret Dati ; et au même titre que les autres, les conseillers CGT ont ramassé les coups de règle.

O.S. : La CGT a obtenu la tête du père fouettard ?

R. Carcouët : La CFDT a envoyé paître la CGT, qui du coup s'est mise à casser la vaisselle. Ou plutôt à faire mine.

Juste 2 ou 3 tasses, en se gardant bien surtout de renverser le buffet.

Après quoi, comme ça soulage, on se dit qu'on a été stupides de se chamailler ; on se donne le baiser de la réconciliation, et l'on se promet de rebâtir les bases de la vie commune sur un socle plus fort.

CGT et CFDT proposèrent donc de s'atteler, avec application, à la rédaction d'un... "Code de bonne conduite", qui une fois corédigé par les intéressées, serait même soumis à la signature approbatrice des autres organisations.

Par mail, FO reçut ainsi le 4 janvier le "Code de bonne conduite", qu'elle n'a bien sûr pas revêtu de sa signature.

Puis, cerise sur le gâteau,, arrive le lendemain une proposition CGT de nouvelle répartition intersyndicale des responsabilités. L'équivalent d'un Canossa comme destination d'un voyage de noces avec la CFDT :

- attribution de la présidence au conseiller CFDT qu'elle voulait un mois plus tôt renverser par coup d'état intersyndical,

- une présidence en section industrie cédée à la CFDT,

- une reventilation des responsabilités offrant à la CFDT (30,8% aux élections) 15 postes sur 26 (soit 56%),
... la CGT (28% des voix) se satisfaisant elle de moins d'un poste sur 5.

... A croire que l'UD CGT 44 aurait été chargée par Thibault de réparer l'affront qui fut fait à Chérèque en privant ce dernier d'apparition à la Beaujoire lors du congrès confédéral CGT !