InFOrmation syndicale

VACANCES "FO44.ORG" DU 15 JUILLET AU 1er SEPTEMBRE 2017

10 septembre 2015

Résistons à l'intolérable !

par Michel Le Roc’h, secrétaire général de l’UD CGT-FO de Loire-Atlantique
Au lendemain de la nomination d’Alexis Tsipras comme premier ministre du gouvernement grec, le 26 janvier dernier, Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne, avait prévenu qu’il ne pouvait pas « y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».
En acceptant de négocier dans le cadre contraint des règles fixées par le traité de Maastricht et celui de Lisbonne, le gouvernement grec s’est condamné à se plier aux exigences de la troïka et des créanciers.

Il ne pouvait en être autrement. Le processus de mise en œuvre des critères de convergence, dont l’euro est la pièce maîtresse, conduit inexorablement à étrangler les peuples et les classes ouvrières du vieux continent.
Imposer un nouveau « plan d’aide » assorti de multiples mesures d’austérité, c’est piller encore un peu plus le peuple grec. Selon l’institut allemand « Leibniz », la crise grecque a déjà rapporté 100 milliards d’euros à l’Allemagne depuis 2011, ce qui représente tout de même 3% de son Produit Intérieur Brut et dépasse les 90 milliards des prêts accordés par celle-ci.

La Grèce s’enfonce donc dans le chaos économique et social avec ses 200 000 fermetures d’entreprises, ses richesses réduites d’un quart, son taux de chômage à plus de 25% et ses revenus amputés de plus d’un tiers.
La seule issue à cette crise, c’est l’annulation des mesures d’austérité imposées depuis 2010 par l’Union européenne, sa banque centrale et le FMI pour payer une dette qui n’est pas celle des travailleurs grecs ; c’est le retour à la souveraineté du peuple grec, libéré des chaînes des traités européens qui l’asservissent. Nous ne pouvons que saluer la détermination et le courage des syndicalistes grecs, en particulier ceux de la Confédération des syndicats des Services Publics (ADEPY) et du syndicat des enseignants (OLME) qui exigent l’annulation des mémorandums, des lois qui en découlent et le retour à la situation de 2010 en terme de salaires, pensions et postes dans la fonction publique.

Cette position nette tranche avec celle de la Confédération Européenne des Syndicats et de Bernadette Ségol, sa secrétaire générale, qui se félicitait le 13 juillet dernier de l’accord trouvé avec Tsipras. « L’UE a évité la catastrophe du Grexit » a-t-elle déclaré, tout en regrettant, la mine pleureuse, « le prix à payer extrêmement lourd et élevé » pour les grecs. Emilio Gabaglio, ancien secrétaire général de la CES, expliquait déjà il y a quelques années qu’à « la différence des syndicats nationaux, l’évolution de la CES ne relève pas de la lutte de classes, mais de l’institutionnalisation de la politique européenne ». Ce n’est pas un hasard si la CES, véritable rouage des institutions européennes, recevra fin septembre à l’occasion de son congrès à Paris, le soutien plein et entier de Jean-Claude Juncker et de François Hollande.

Le président de la République tenait justement ce matin la sixième conférence de presse du quinquennat avec au centre la situation dramatique des « migrants », et la seule réponse politique qu’il apporte à cette barbarie, c’est la mise en place de quotas pour l’accueil de ces centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient la guerre et la famine ! Une guerre qui est la conséquence directe des décisions prises à l’échelle internationale par les grandes nations, disloquant les états et divisant les peuples, pour mieux contrôler les économies et les zones gazières du Moyen Orient. Le discours de Jaurès à la chambre des députés en 1895 reste décidément pleinement d’actualité : « le capitalisme porte en lui la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage ».

Cette conférence de presse a été également l’occasion de présenter les axes de la politique du gouvernement pour les mois à venir. Après l’adoption des lois Macron et Rebsamen cet été, François Hollande a confirmé que le gouvernement avait l’intention de réformer le droit du travail. Plusieurs rapports – Terra nova, Institut Montaigne - allant dans le même sens ont été publiés ces dernières semaines et le rapport Combrexelle devrait être rendu public en milieu de semaine.
Cependant, nous connaissons déjà l’essentiel des propositions qui y seront faites. Le rapport Combrexelle prévoit de réduire la place de la loi et de favoriser les accords d’entreprise.
Il suggère de mettre en place, « dans un délai maximal de quatre ans », « une nouvelle architecture du Code du travail faisant le partage entre les dispositions impératives et le renvoi à la négociation collective ».
L’objectif est de renverser la « hiérarchie des normes » et de laisser la possibilité aux employeurs de déroger au code du travail ou à la convention collective après un accord majoritaire dans l’entreprise. Le principe selon lequel un accord d’entreprise ne peut qu’améliorer une norme de niveau supérieur serait balayé. Le code du travail ne deviendrait qu’une simple coquille vide. Pierre Gattaz pour qui « le code du travail est le fléau numéro un des patrons » peut à juste titre se réjouir et rêver du retour au contrat de louage de service, libéré de toute contrainte !

A l’occasion du congrès de l’UD CGT-FO le 22 mai dernier, nous avons réaffirmé « qu’il n’était pas question pour nous d’accompagner le recul social ». Nous refuserons de nous engager dans quelque « négociation » que ce soit allant dans le sens d’une remise en cause du contrat de travail, du code du travail ou de toute autre réforme avalisant par exemple le blocage du point d’indice dans la fonction publique au moins jusqu’en 2017.

Nous serons par contre aux côtés de nos camarades enseignants le 17 septembre pour exiger avec eux la fin de la « réforme » des collèges et de toutes « les réformes » qui avec la « territorialisation » affaiblissent la transmission des savoirs et remettent en cause les statuts des personnels.